Mélanie PERRIER

ESPAS, Institut ACTE, U. Paris 1-Panthéon Sorbonne (France)

Boiler Room

Entretien réalisé par l’Observatoire Critique 

 

Imaginé et mené par Mélanie Perrier, le protocole de la BOILER ROOM est un espace où est dessiné le déploiement d’une question.

En groupe restreint, ce dispositif minuté est mené par 2 personnes ( Barbara Formis conduira le flots des paroles, et Mélanie Perri­er qui les dessinera en direct).

Selon certaines règles d’espace et de temps, le groupe est appelé à déplier une question, dans un débat qui n’excédera pas 15min­utes. A l’issue des 15minutes, on change de questions.

La série de questions est à chaque fois spécifique au contexte et reprend les grands axes du colloque.

Elles sont découvertes au fur et à mesure des participant-es.

Ces débats sont dessinés en direct par la dessinatrice. Résulte à l’issue du protocole un dessin par question, qui ne traduit non pas l’idée mais davantage l’organisation de la pensée collective déployée.

Performer les questions revient donc ici à dessiner la mise en mot, plus que défaire les questions par le dessin.

Cette Boiler room fait partie des dispositifs performatifs élaborés depuis maintenant quelques années au sein du Laboratoire du geste, qui cherche à établir d’autres formats de recherche et de production de pensée par le prisme du geste et du performatif.

Chercheuse à l’Institut ACTE , Membre titulaire de l’équipe ESPAS de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Mélanie Perrier a fondé en 2005 le Laboratoire du Geste qu’elle co-dirige depuis 2007 avec Barbara Formis, équipe et structure de recherche autour des esthétiques du geste en jeu dans les pratiques artistiques contemporaines. Ses travaux se concentrent sur l’élaboration d’outils et de formes critiques pour le champ du performatif. Elle est sollicitée par des institutions culturelles (SACD, Dicream..) comme expert danse. Elle est par ailleurs Maître de Conférences en Arts Plastiques/performance à Sorbonne-Universités. Chorégraphe elle dirige la compagnie 2minimum depuis 2011 , elle est artiste associée au CCN de Caen en Normandie et à la Nouvelle scène Nationale de Cergy.

Mélanie PERRIER et Barbara FORMIS

ESPAS, Institut ACTE, U. Paris 1-Panthéon Sorbonne (France)

avec Simona POLVANI, ESPAS, Université Paris1;

June ALLEN, ESPAS, Université Paris1;

Garance DOR, Université Paris1;

Valentina FARGO, Université Paris1;

Diego SCALCO, Université Paris 1

 

CORPUS VIVANT :

Protocole performatif

Laboratoire du Geste

Ce dispositif consiste à mettre en lien des matériaux divers issu d’un corpus prédéfini (œuvres plastiques, spectacles, performanc­es, portraits, partitions, citations, courts textes, propres à l’environnement artistique et théorique de l’art et du spectacle vivant) ayant tous un rapport au geste (esthétique, artistique, pratique..), et ce pour créer en direct un schéma (au mur ou à l’horizontal).

3 à 4 duos activent ce protocole qui fonctionne comme un jeu minuté, soumis à des règles.

Matériaux en présence : 3 à 4 tables sur lesquelles sont répartis les différents éléments du corpus constitué. Une table centrale avec une sonnette, à activer après chaque dépôt d’élément dans le schéma. Le sens est circulaire (dans le sens des aiguilles d’une montre), pour l’enchaînement des duos. Au bout d’un tour, les duos changent de table.

TEMPS 1 : Placement de la cartographie de départ en 5 mots piliers (revisité pour celui-ci): frontières-corps-espace-mouve­ment-temps. Ces mots-piliers constituent le paysage d’ensemble du jeu et du schéma à venir. Ces 4 mots permettent d’annuler toute logique d’arborescence et vont organiser et déterminer les logiques de positionnement et de proximité ou d’éloignement de chaque document posé au fur et à mesure.

TEMPS 2 : Construction du schéma. Par duo : l’un-e choisit un élément dans le corpus de sa table, le donne à l’autre qui le lit ou le montre et la 2e va le positionner dans le schéma qui se constitue au fur et à mesure des passages des duos. Chaque duo rebondit et répond en proposant un nouveau document à celui qui vient d’être déposé. Chaque passage est minuté. A l’issue de chaque passage, il convient de sonner. Gestes de déposition : inscription dans un espace et une géographie. Gestes des rapprochements / d’éloignement : l’évaluation de l’écart entre les items.

TEMPS 3 : Ajout de lien (adhésif) entre, par dessus les éléments du schéma. Formaliser, superposer les liens signifiants entre les éléments : Gestes de superposition : correspondance d’idées/ pointage de similitudes.

TEMPS 4: Lecture en sérendipité du schéma : circulation une par une à l’intérieur du schéma, en faisant une lecture en traversée, décrivant ce qu’elle voit et parcourt en direct : lorsque le corpus devient une « partition performée ».

TEMPS 5 : déconstruction du schéma : on ôte les éléments un à un : qu’est ce qu’on retire? Qu’est ce qu’il reste? Les gestes d’oblitération et de soustraction comme résolution.

La version horizontale du schéma ne donne pas de face ni de sens de lecture, puisque le public se situe tout autour. Elle permet donc une multiplicité de point de vue. Elle permet également une tout autre implication et intégration des corps des participant-es qui « entre » littéralement dans le schéma pour le faire.

Ici, ce ne sont pas les sens prédéfinis ou sous-jacents des éléments qui sont mis en lien, mais les gestes d’agencement qui créent le sens entre les éléments. Cela laisse la place au corps agissant, où le corps se fait prolongement d’une pensée logique et analytique, tantôt correspondante, tantôt divergente, tantôt complémentaire. Ici la pratique logique en jeu par le corps n’est pas sa capacité à interpréter des signes mais bien de partir de ces signes (langage, image) pour les « performer ». Ce qui se trouve ici c’est la perfor­mance du signe, par non pas la valorisation de l’association d’idées, mais par la succession de gestes .

Mélanie PERRIER. Chercheur à Institut ACTE (CNRS) de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, elle a fondé en 2005 le Laboratoire du Geste qu’elle co-dirige depuis 2007 avec Barbara Formis, équipe et structure de recherche autour des esthétiques du geste en jeu dans les pratiques artistiques contemporaines. Ses travaux se concentrent sur l’élaboration d’outils et de formes critiques pour le champ du performatif. Elle est sollicitée par des institutions culturelles (SACD, DICRéAM) comme expert danse. Elle est, par ailleurs, Maître de Conférences en Arts Plastiques/performance à l’Université Sorbonne-Universités. Chorégraphe, elle dirige la compagnie 2minimum, est artiste associée au CCN de Caen en Normandie


ArchibaldFergusson